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21/01/2015

Partage d'expériences personnelles en 2014 et voeux pour 2015

Tags : Voeux; Joie

Orateurs

Laurent Ledoux

Directeur bénévole de l'asbl Philo & Management (avec Roland Vaxelaire, depuis 2009). Président du Comité de Directio...
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Dans la newsletter ci-dessous, Laurent a partagé ce 5 janvier les leçons qu'il a tirées de 2014 et ses voeux pour 2015. De nombreuses personnes lui ont demandé de la partager sur le site de PhiloMa.

 

Si le cœur vous en dit, n’hésitez pas à votre tour à partager avec tous les amis de PhiloMa via ce lien, les leçons que vous avez tirées de 2014 et vos résolutions et vœux qui en découlent pour 2015, via l'espace de commentaires ci-dessous.
 

Bonjour,

Qu’avons-nous appris en 2014 et quels vœux formulons-nous en conséquence pour 2015 ?

L’année qui vient de s’écouler ayant été pour moi une année particulièrement intense et rude sur le plan professionnel, permettez-moi de partager avec vous les enseignements que j’en tire, vous qui recevez la lettre mensuelle de l’asbl Philo & Management, car ils mêlent intimement mes engagements professionnels et mes engagements personnels au travers de PhiloMa. Peut-être vous seront-ils également utiles en 2015.
 
Au final, malgré les difficultés et les épreuves, je retiens essentiellement de cette année trois sources de joie durable, auxquelles j’ai eu la chance de pouvoir boire à volonté en 2014 et auxquelles je fais le vœu que vous pourrez goûter, tout comme moi, en 2015.

  1. Joie de voir une organisation, une équipe, commencer à se libérer de ses anciens carcans
 
Ce qui m’a motivé, et me motive toujours, à rejoindre une administration publique (Service Public Fédéral de la Mobilité et des Transports), est de contribuer à sa dynamisation, et de montrer qu’il est possible de mettre en œuvre dans le secteur public trois principes simples. Ces principes, que nous avons adoptés avec succès avec mes précédentes équipes dans le secteur privé, sont :
  • respect intrinsèque de chaque personne, quel que soit son niveau ;
  • développement personnel de chacun ;
  • culture qui facilite l’autonomie et la prise d’initiative.
 
Dans cet esprit, j’ai eu la grande chance cette année de pouvoir constituer une toute nouvelle équipe de direction. Ensemble, nous avons commencé à mettre en place une série de mesures : 
  • open space et hot desking pour tous, y compris les directeurs généraux et moi-même ;  
  • 360° feedback ;
  • clarification des objectifs ;
  • bureaux satellites et télétravail (nous sommes passés de quelques 10% à plus de 40% de télétravailleurs réguliers) ;
  • suppression du pointage ;
  • mise en place d’un suivi strict des projets et promotion de projets transversaux ;
  • benchmarks plus systématiques ;
  • remise en cause de processus et contrôles inutiles ;
  • développement et partage des connaissances et compétences ;
  • partenariats avec l’extérieur pour nous reconcentrer sur notre core business réglementaire et facilitateur ;
 
L’impact de ces mesures n’est pas encore perceptible partout mais nous pouvons déjà percevoir dans de nombreux endroits un dynamisme renouvelé et un bel esprit d’initiative. Cela nous vaut d’ailleurs des témoignages de reconnaissances et d’appréciation des secteurs que nous servons. Et nous a également permis d’établir avec nos nouveaux ministres de tutelle une collaboration basée sur la confiance, dynamique et constructive.
 

Ceux que cela intéresse, trouverons via les liens suivants, une brève présentation des principes évoqués ci-dessus, inspirés du livre d’Isaac Getz & Brian Carney, Freedom Inc. (maintenant disponible en Français et Néerlandais) et notre plan actuel de management. Notez également qu’un film réalisé pour Arte, dans lequel notre Service Public Fédéral est pris en « modèle » avec d’autres organisations privées et publiques, sera diffusé sur la RTBF le 18 février et sur ARTE le 24 février et sera accessible après ces dates sur les sites web de ces deux chaînes.
 
En tant que manager, rien ne me rend plus joyeux que de voir une organisation, une équipe, se libérer progressivement et organiquement des contraintes qu’elle s’était, consciemment et inconsciemment, imposées et de permettre ainsi aux collaborateurs de se déployer et de grandir à la mesure de leur volonté et de leurs talents. Quel que soit votre rôle, je ne puis donc que vous souhaiter de vivre en 2015 une expérience similaire, si ce n’est déjà votre cas.

 

  1. Joie de surmonter des épreuves en gardant son intégrité 
 
« Ne craignez jamais de vous faire des ennemis ; si vous n'en avez pas, c'est que vous n'avez rien fait ». A en croire cette citation de Georges Clémenceau, alors Premier Ministre Français, les attaques publiques dont j’ai fait l’objet cette année témoigne qu’avec mon équipe, j’ai bel et bien fait « quelque chose ». Certains en effet ont volontairement attaqué ma réputation et mon honneur via les médias, utilisant des procédés indignes d’eux et poursuivant des buts contraires à l'intérêt général.
 
Plus que jamais, j’ai donc dû apprendre cette année à supporter d’entendre mes paroles et mes actes travestis par certains, de les écouter mentir sur moi, sans mentir moi-même, et de me sentir haï, sans haïr à mon tour, pourtant lutter et me défendre. Bien que je connaisse par cœur depuis mon plus jeune âge les vers de Kipling desquels s’inspire la phrase précédente, ce n’est que cette année que j’ai appris à les vivre pleinement. Grâce à ces vers, au soutien de mes collaborateurs et aux nombreux amis qui m’ont témoigné leur confiance, j’ai pu jusqu’ici surmonter la douleur inévitable que provoque l’injustice, tout en gardant mon intégrité. « Ce qui ne nous tue pas nous renforce » dit le proverbe. Je commence donc 2015 plus fort et plus déterminé que jamais à poursuivre les projets évoqués ci-dessus. Merci donc à tous ceux qui y ont contribué.
 
Ceux que cela intéresse trouveront via les liens suivants l’article du Soir du 28/12/14 qui résume de façon correcte ce qui s’est passé, ainsi que le poème de Kipling en Anglais, Français et Néerlandais ; les variations entre les différentes versions étant intéressantes.   
 
Mais, au-delà de ce qui n’est finalement qu’un fait divers sans importance et une épreuve infiniment moindre que celles subies par d’autres en 2014, je voudrais surtout partager avec vous ceci : il y a une joie profonde et revigorante dans la transformation intérieure que le passage de ces épreuves permet, si l’on en prend conscience et si on peut les vivre avec intégrité. Quelles que soient les épreuves que vous devrez traverser en 2015, je fais le vœu que vous puissiez vivre cette joie.  
 
  1. Joie de sentir la correspondance dynamique entre nos pensées et nos actions, entre nos transformations intérieures et les transformations du monde
 
Depuis maintenant 5 ans, reprenant le travail remarquable réalisé pendant 9 ans par Rodolphe de Borchgrave, j’ai le plaisir de diriger, avec mes amis Roland Vaxelaire et Luc de Brabandère, l’asbl PhiloMa. Les séminaires mensuels que nous organisons sont pour moi une source toujours renouvelée d’énergie positive. D’une part, nos expériences managériales quotidiennes ancrent autant que possible dans le concret nos débats philosophiques ; d’autre part, la prise de distance que suscite ces séminaires nous aide à régulièrement « lever les yeux du guidon ».
 
Malgré les critiques inévitables que notre démarche suscite (du « vous planez trop » au « vous instrumentalisez la philo »), la préparation, le partage et la synthèse mensuels des séminaires me transforment lentement, tant dans ma vie personnelle que professionnelle, et m’apportent plus de paix avec moi-même, les autres et la vie. Ces tâches sont devenues en quelque sorte pour moi des exercices « spirituels athées », qui me procurent une joie profonde, tout comme le fût pendant près de 7 ans la traduction en Anglais du livre de Marcel Conche « Philosophizing ad Infinitum », publié cette année auprès de SUNY Press, avec l’aide de mon ami Herman Bonne.
 
Merci donc aux inspirateurs et orateurs de PhiloMa qui ont partagé en 2014 avec nous leurs savoirs et leur sagesse :
 
En ces temps incertains, chacun des orateurs a permis à tous les participants aux séminaires d’entrevoir les germes du monde que nous contribueront peut-être à faire advenir, pour peu que nous fassions nôtres les enseignements suivants :
  • « Observer, méditer et connaître, sans jamais devenir sceptique ou destructeur, rêver mais sans laisser nos rêves être nos maîtres, penser sans n’être que des penseurs » (Kipling) ;
  • « Aider à vivre sans s’approprier, œuvrer sans rien attendre, guider sans dominer » (Lao-Tseu) ;
  • « S’envoler chaque jour par un exercice spirituel, même pour un bref moment, pour peu qu’il soit intense, pour lui-même avant tout, et aussi afin de nous préparer pour la révolution sociale qui vient et de nous en rendre dignes. » (Friedmann)

 
Mes vœux pour 2015, inspirés par 2014, sont donc que chacun de nous ait la force de vivre en accord avec ces enseignements. Car cela est source de joie durable.  
 
Joyeuse année à chacun de vous et à vos proches !
 
Laurent Ledoux

Administrateur de PhiloMa



Articles

Organisé par : Laurent Ledoux

 

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Vos réactions et commentaires

2014: Réflexions et inspirations

09/01/2015 par Christoph

 

Bonjour Laurent,   Merci pour cet inspirant bilan 2014, riche d’enseignements pour 2015 pour chacun d’entre nous.   Quelques réactions à tes trois points:   1)   Je suis heureux d’apprendre que malgré les difficultés ton travail semble porter ses fruits - c’est beau de voir qu’une action intègre et tournée vers le collectif peut effectivement se mettre en place.   Par les temps qui courent, il est tentant de devenir très fataliste et de se dire que rien ne peut changer car nos carcans sont définitivement devenus trop étouffants, tendance encore exacerbée par la période de crise actuelle… Donc merci pour ce témoignage!   Espérons que de façon globale nous réussissions aussi  à nous libérer de nos carcans et osions à nouveau rêver à des beaux projets collectifs! J’ai récemment regardé “L’étoffe des héros” qui relate la conquête spatiale américaine. Bien sûr, il y avait le contexte de guerre froide, mais j’étais marqué par cette ambiance à l’époque de pouvoir rêver collectivement et de mettre des moyens pour réaliser le rêve. De nos jours, surtout en Europe, j’ai l’impression que nous avons perdu cette capacité de projection dans le futur et de mobilisation collective (en Inde et en Chine par contre, je vois des rêves et des mises en oeuvre de ces rêves aux niveaux individuels et collectifs).   2)   Oui, garder son intégrité est difficile. Combattre de manière digne, quand cela doit être fait, n’est pas facile et est une grande leçon de "wuwei", d’action dans la non-action comme l'a développé la pensée chinoise. Parallèlement c’est un grand exercice d’introspection: comment lors de chaque réaction s’assurer qu’elle ne provient pas de nos blessures, peurs, agression / haine / goût de revanche etc. mais bien d’un essai de répondre de la manière la plus saine possible à une situation destructive?   Le feu de l’action - qui ne nous donne pas toujours le luxe du temps de réflexion et de recentrement avant l’action - nous révèle aussi où nous en sommes: comment agissons-nous finalement? Qu’avons nous déjà acquis comme réflexes “humains"? Et quels sont des réflexes plus “animaux” qui persistent et qui refont surface lors de ce genre d’épreuves?   Personnellement, j’ai beaucoup réfléchi à la question de l’intégrité ces derniers mois sous un autre angle: comment partager certaines voies, certaines démarches sans les compromettre? Ma réflexion a porté plus particulièrement sur les conditions d'un partage sincère du Yoga, des arts martiaux internes, du Qi Gong etc. en tant que "professionnel". Un tel partage soulève beaucoup de questions qui font écho aux problèmes rencontrés lors de tout passage individuel de "amateur" à "professionnel" et se rencontrent aussi de manière collective dans les enjeux de l'institutionalisation de savoirs et de savoirs-faire et de leur transmission et mise en oeuvre. Dans le cadre de ces arts ou voies, des questions se posent non pas uniquement par rapport à la question de l’argent, mais aussi par rapport aux questions que soulèvent le statut “d’enseignant” qui doit créer son propre cadre pour transmettre des arts qui proviennent de contextes différents. Le monde du yoga, de la méditation, du qi gong, des "arts internes” est tellement chargé de projections que cela me donne parfois le tournis!   La boussole qui m’apparaît de plus en plus clairement pour garder mon intégrité et celle de ce que j’essaye de partager est l’humilité et la simplicité: faire extrêmement attention à rester simple, humble, à l’écoute de soi-même, des autres, de l’environnement et au-delà.   3)   C’est un beau travail que vous faites avec PhiloMa. Dans un texte, je crois sur “Les alternatives à la culture moderne”, Raimon Panikkar dit qu’un des grands défis de nos jours est de créer des espaces, même des petits espaces, où de belles choses puissent émerger et s’épanouir. Je crois que c’est ce que vous faites en permettant à certains de “lever les yeux du guidon”. C’est très précieux.   C’est pour moi une belle troisième leçon: travailler sur soi de manière à ce que l’on devienne naturellement un espace où de belles choses puissent émerger et s’épanouir. C’est lié aussi à la simplicité et à l’humilité évoqués ci-dessus. En se mettant à l’écoute, on permet aux belles choses d’émerger en soi, dans les autres, dans nos relations, dans le monde et au-delà.   Une très bonne, belle et inspirée nouvelle anné à toi!     Christoph https://www.youtube.com/DialoguesForChange  

réponse aux voeux

10/01/2015 par Jonathan FOX

 

Hello Laurent,Mes meilleurs voeux à toi et à toute ta famille!J’ai lu ton mail avec intérêt et un peu de stupéfaction n’ayant pas suivi l’affaire mentionnée dans l’article du soir.Ca doit être très dur de se faire attaquer de manière publique et j’ai déjà souvent constaté que (comme dans le cas des rumeurs) la défense, même la plus honnête et objective, ne fait que renforcer la suspicion chez ceux qui veulent juger vite (facile et reposant; satisfaction immédiate) au lieu d’analyser et pondérer (difficile et fatigant; satisfaction plus profonde mais qui vient plus tard).Je suis aussi souvent choqué de la rapidité avec laquelle les médias (la télévision surtout) s’embarquent dans les jugements hâtifs; je me souviens du meurtre de Joe Van Hoolsbeek ce jeune ado dans la gare centrale; les auteurs ne pouvaient, d’après les caméras de surveillance, évidemment n’être que des maghrébins, et toute la presse de s’engouffrer dans cette brèche, jusqu’à ce qu’on découvre qu’il s’agissait en réalité de deux polonais. 'Haro sur le baudet' disait la Fontaine…Je te souhaite tout le courage dont on doit avoir besoin en pareille circonstance…   Jonathan FOX

 

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